Les types de honte et la façon dont ils nous affectent

Publié le : 03 mars 20228 mins de lecture

Récemment, le célèbre psychanalyste américain Joseph Burgo a proposé la définition de 4 types de honte qu’il considère comme fondamentaux. Selon ce spécialiste, les gens sont aujourd’hui mieux préparés à parler de ce qui leur fait honte, il explique donc comment il pense que chacune de ces variantes peut nous influencer.

Dans un livre qui traite le sujet, Burgo présente quatre paradigmes à partir desquels on peut étudier ce sentiment. Toutefois, avant de commencer à parler des différences, disons qu’il existe un tableau détaillé commun des différentes manifestations de la honte.

Beaucoup de gens ont une vision très négative de la honte. Cependant, les auteurs de cette étude scientifique sur les différents types de honte l’interprètent comme un sentiment plus complexe aux conséquences plus modérées et moins désastreuses.

D’une manière ou d’une autre, la honte est un aspect relativement fréquent, et difficile à éviter, de notre vie quotidienne. Ce degré de toxicité que nous lui attribuons habituellement n’est peut-être pas réel. En fait, Burgo propose dans son livre, basé sur ses observations cliniques de plus de 35 ans, une relation surprenante entre la honte et l’estime de soi.

Il soutient que les leçons qui peuvent être tirées de l’interaction avec nos états de honte auraient un impact psychologique plus fort que l’inhibition produite par une telle émotion. Le message que nous offre cet auteur est optimiste et démystificateur.

Il y a généralement peu d’occasions où les gens s’arrêtent pour écouter et engager un dialogue fructueux avec leurs états de honte. D’autre part, les différents types de honte auxquels ils sont exposés sont souvent si répugnants qu’ils ont tendance à les masquer.

Les types de honte et leur influence

Une des raisons pour lesquelles il est plus facile de traiter le problème de la honte dans la recherche et la psychologie clinique aujourd’hui est que, en général, les gens ont moins peur de la honte. La réticence à parler de ce qui nous fait honte est un peu moins marquée dans la société actuelle.

Dans un contexte social où les gens sont encouragés à montrer leur véritable image, à leur aimer et à vivre en harmonie avec leurs qualités et le contenu de leur esprit, ils sont mieux préparés à regarder à l’intérieur d’eux-mêmes et à partager ce qui peut être une source de honte. La psychologie positive, si répandue aujourd’hui, est un exemple clair de la volonté d’accepter avec optimisme nos traits de caractère moins désirables.

Pour Burgo, faire face à la honte, sous quelque forme que ce soit, est une occupation quotidienne ; un mécanisme psychologique qui, comme beaucoup d’autres, se produit dans la vie de tous les jours. L’affronter fait donc partie d’un phénomène naturel et acceptable. La proposition de cet auteur est que, en général, on peut distinguer 4 types de honte :

1 – L’amour non réciproque

Il suffit d’aimer quelqu’un et de découvrir que l’amour n’était pas réciproque, d’avoir été rejeté ou abandonné par l’être aimé pour se faire une idée précise de la honte générée par ces situations. Dans certains cas, ce sentiment se transforme même en humiliation.

Vous commencez à ressentir ce genre de honte dès les premières années de la vie ; les enfants qui ne provoquent pas les réactions émotionnelles souhaitées chez leur mère après d’innombrables appels à l’attention ressentent un sentiment très semblable à cette honte causée par un amour unilatéral.

Dans la pratique psychologique, on observe que les personnes qui ont été élevées par des mères qui n’ont pas atteint un niveau suffisant d’empathie dans le lien mère-enfant présentent une affliction structurelle qui pourrait être assimilée à une sorte de honte fondamentale. Cette situation peut nuire au développement normal de l’individu.

2 – Exposition indésirable

C’est le genre de honte dont on parle généralement lors d’une conversation informelle. De nombreux épisodes de la vie quotidienne, plus ou moins courants, y sont liés, comme le fait d’être rappelé ou rabaissé en public ou encore l’entrée d’une personne nue dans la pièce.

En raison de sa fréquence et de son absence relative de gravité, ce type de honte est transitoire et n’a que peu d’importance pour le bien-être psychologique de l’individu. Cependant, selon la prédisposition de la personne et l’intensité de l’émotion ressentie, dans certains cas, elle peut devenir pertinente ou être associée à un traumatisme.

3 – L’incapacité à répondre aux attentes ou la déception

Ce groupe comprend les manifestations de honte qui surviennent après avoir essayé d’atteindre un objectif, mais vous avez échoué. Les attentes personnelles ou celles que d’autres personnes avaient placées en nous s’effondrent.

En termes de gravité et de répercussions potentielles, elles sont similaires au type précédent.

4 – Exclusion ou marginalisation

La plupart de gens sont presque tous très intéressés, en raison de leur condition d’être sociaux, à s’insérer et à développer un sentiment d’appartenance au groupe. Ce principe est applicable à presque tous les domaines vitaux de la personne : travail, relations affectives, amitiés, etc. Cependant, il y a des moments où ce sentiment d’appartenance peut être menacé.

Dans de tels cas, une bonne estime de soi et la capacité à faire les bonnes réflexions servent de défense contre l’influence négative de ce genre de honte. Parlons de réflexions telles que « Mes amis ne m’ont pas invité au barbecue aujourd’hui parce que, avec mon travail exigeant, ils pensaient probablement que j’étais occupé et ne voulaient pas me déranger. Pas parce qu’ils ne veulent pas être avec moi ».

Conclusion sur les différents types de honte

La honte peut être épuisante et exaspérante, à tel point que, dans certains cas, elle peut être un élément déterminant de notre équilibre émotionnel et du développement de notre personnalité. En fait, certains traits de personnalité sont considérés comme inadaptés, comme le narcissisme ou les tendances autodestructrices, généralement associées à l’incapacité de développer des mécanismes de confrontation avec la honte.

Dire « non » à un enfant peut générer une très légère forme de honte chez lui, car cela tend à interrompre ses pulsions exploratoires naturelles. Mais ce genre de honte ne dure normalement pas longtemps et n’a pas de séquelles à long terme.

À moins que nous n’ayons affaire à une personne dont l’enfance a été tourmentée par des abus, des négligences ou des traumatismes, les petits « réservoirs » de honte qui ont pu s’accumuler ne doivent pas impliquer un effet négatif permanent. Chaque parent doit donc rester calme face à l’imposition de limites à ses enfants. Un « non » ne fait pas de mal.

Si une personne qui a été gravement affectée par la honte décide de demander une assistance psychologique, ce que nous lui recommandons vivement, le thérapeute devra l’aborder avec une délicatesse particulière et découvrir progressivement ses défenses personnelles, après avoir gagné sa confiance.

Créer des liens de confiance demande du temps et des efforts, surtout pour ceux qui éprouvent de profonds sentiments de honte et d’humiliation. Pour ces personnes, être jugé par d’autres peut être une source de grande inquiétude, même lorsqu’il s’agit du jugement de leur thérapeute.

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