La demande d’accompagnement individuel ou collectif sous la forme de coaching est de plus en plus soutenue. La médiatisation de cette activité l’est encore plus. Les vocations suscitées sont exponentielles et les offres des écoles de formation au coaching ont déjà largement anticipé ce nouveau marché.

Comment expliquer ce succès ? A quoi correspond une séance de coaching ? Peut-on en faire son métier ?

La montée du coaching

D’un angle sociologique, d’un point de vue du système, trois grands facteurs soutiennent le coaching.

Tout d’abord, au cœur du phénomène du coaching, se trouve l’individualisation.

La valeur de l’individu et les bénéfices d’une capacité d’individualiser un processus, un parcours, un discours sont aujourd’hui ancrés dans le monde de l’entreprise. On rencontre aujourd’hui peu de résistances lorsqu’il s’agit de s’occuper d’une personne de façon particulière et spécifique. Cela est devenu « normal » dans le système de croyances de beaucoup d’individus et donc dans les pratiques.

Le coaching constitue alors une aide « sur-mesure » du dirigeant ou du manager. Que l’on soit en accord ou non avec ce principe d’individualisation, c’est une tendance de fond qui s’amplifie avec les jeunes arrivants sur le marché professionnel, habitués à des modes d’apprentissage « modernes » (pédagogie active, e-learning…)

Le deuxième facteur concerne le contexte mouvant des entreprises et du management. L’entreprise éternelle et nourricière s’éloigne; le patron patriarche paternaliste est souvent retraité (ou en passe de l’être) et l’ensemble est remplacé par une entité de production fusionnable où chaque cadre se doit d’être un leader transversal et autonome. Ce manque de « repères » (les psychanalystes seront ravis) nourrit un besoin croissant de visibilité, de compréhension et de valeur ajoutée individuelle de la part des managers (récents et « anciens ») et entretient l’acceptation d’une aide extérieure personnalisée. Le coaching arrive alors à point nommé.

Enfin le troisième facteur tient dans la présence du développement personnel dans les entreprises. Ce besoin élevé (cf. Pyramide de Maslow) d’évolution personnelle est satisfait de façon régulière et très variée. Le coaching individuel y a trouvé un terrain favorable. Il s’est nourri alors « spontanément » des fondements théoriques qui ont accompagné le développement personnel (approche centrée sur la personne de Carl Rogers, l’Analyse Transactionnelle, la PNL…).

Au niveau de l’entreprise, les facteurs de succès du coaching sont divers; les systèmes de pouvoirs changent et les modes de management évoluent, nécessitant une capacité d’évolution même dans des secteurs très hiérarchisés (ex : des professeurs de médecine demandent du coaching !).

A l’heure de l’externalisation des services, le management est parfois objet à externalisation, et le coaching devient un alibi pour des difficultés managériales.

A côté de cela, les bons résultats d’ensemble des phases de tests de coaching effectués ces trois ou quatre dernières années par les entreprises permettent un déploiement plus prononcé auprès des cadres intermédiaires par exemple.

Enfin du coté du bénéficiaire du coaching, être coaché est passé progressivement de la maladie honteuse à un véritable avantage concurrentiel, voire parfois à un authentique signe de reconnaissance.

Que se passe t-il dans une séance de coaching ?

Le coaché et son coach formalisent des objectifs sur des thèmes qui peuvent être par exemple : prendre du recul, prendre sa place par rapport à son poste, savoir se positionner dans l’entreprise, se réorienter professionnellement, développer son leadership (vision, mise en œuvre…), manager son équipe, gérer le temps, son stress ou des conflits.

Ses objectifs sont parfois préalablement discutés avec un tiers responsable dans l’entreprise (manager direct ou Directeur des Ressources Humaines).

Au fil des séances, ils analysent avec recul les événements apportés par le coaché et réfléchissent à des attitudes futures. Ils étudient et mettent parfois en place des stratégies au niveau d’un service ou de l’entreprise.

Le coaché découvre aussi certainement de nouveaux modèles de pensée ou d’actions apportés par son coach. Le coaché s’interroge sur lui, ses pratiques et son environnement. Il se retrouve aussi dans une quête de sens et grandit en tant qu’être humain.

Alors que ce soit en entreprise, dans le milieu du sport, dans l’éducation des adolescents, dans le médico-social ou dans le marché des particuliers, les aventuriers du coaching se multiplient. « Pourquoi pas moi ? »

L’aventure du coach

Comment être prêt à être coach ?

Le coaching est une relation d’aide. La réponse sera différente -selon moi- suivant que l’on a une expérience forte de la relation d’aide ainsi qu’une expérience importante de travail sur soi (« le savoir est dans le muscle ») ou que l’on a une expérience faible de l’accompagnement individuel et peu d’acquis de développement personnel.

Dans le premier cas, il s’agit alors de pouvoir contextualiser son savoir-faire (découvrir l’approche, les contrats, la déontologie, des exemples de processus).

Il s’agit ensuite d’activer son réseau de relation et d’en développer un nouveau.

C’est enfin la possibilité de continuer à progresser dans ses pratiques par des formations originales et variées, et par de la supervision ponctuelle.

Si par contre l’on débute dans cette activité, il est question alors d’un travail personnel important et d’un parcours approfondi d’apprentissage d’outils de changement.

Il vaut mieux, à mon humble avis, effectuer un parcours de Maître Praticien en PNL (ou d’autres approches de développement structuré de la personne), que de passer une vingtaine de jours dans du saupoudrage d’outils et d’exercices, comme c’est malheureusement parfois le cas dans certains programmes présentant le coaching dans l’intitulé du parcours.

Après cela ou dans un même temps, je crois bon d’aller chercher des maîtres d’arts qui vous superviseront et vous accompagneront de manière différente le long de votre propre développement; de l’éveilleur au coach en quelque sorte… (libre détournement du titre d’un séminaire de Robert DILTS)

Ensuite, il est peut-être opportun d’envisager de se placer dans une stratégie de temps, avec des périodes de transition pour faire du coaching une réelle activité ou voire, votre métier.

Enfin, il est utile de se donner l’occasion de puiser dans plusieurs approches pour agrémenter ses pratiques et progresser dans son accompagnement.

Pour vous orienter dans votre future activité, vous trouverez nombre d’écoles de coaching (Institut de formation, grandes écoles, universités…).

Enfin il existe également des associations de coaching, qui instaurent leurs propres définitions, systèmes d’accréditations et pratiques et qui tendent à encadrer progressivement ce marché.

Alors le coaching va-t-il continuer à progresser, êtes-vous fait pour ce métier, êtes- vous capable de conduire des séances, où découvrir de bon coachs ?

Il paraît que le coaching permet de pouvoir faire confiance à sa sagesse intérieure…